LES ORIGINES :

 

 

 

LE PLUS VIEUX VIGNOBLE DU NOUVEAU MONDE

 

C ’est au XVIIe siècle, lors de l’établissement de la ville du Cap par la Compagnie des Indes Orientales administrée par Jan Van Riebeeck que la viticulture sud-africaine prend racine. Grande entreprise de commerce internationale, la Compagnie des Indes Orientales fait importer des pieds de vignes européens, que J. Van Riebeeck se doit de planter et d’exploiter.

Le 2 février 1659, à Constantia, il écrit « C’est aujourd’hui, Dieu soit loué, que du vin a été vinifié pour la première fois avec des raisins du Cap ». Il s’agissait de douze litres de Muscat. Son successeur, Simon Van der Stel, encouragea la viticulture et créa en 1685 le domaine Groot Constantia.

Quelques années plus tard, alors que les colons néerlandais manquent cruellement de savoir-faire, le gouverneur de la colonie du Cap Simon Van der Stel demande à ce que les Huguenots, chassés de France suite à la révocation de l’Edit de Nantes, puissent s’installer en Afrique du Sud et disposer de terres.

C’est à une soixantaine de kilomètres de la ville du Cap qu’ils s’établissent, à Franschhoek , littéralement « le coin des français » en afrikaans. Leur contribution et leur expérience ont joué un rôle considérable dans l’évolution de l’industrie viticole sud-africaine.

A partir du XVIIIe siècle, le vin sud-africain connaît un réel essor sur le continent européen, notamment en France et en Angleterre. Le fameux Vin de Constance devient un emblème de la production sud-africaine. Il s’agit d’un vin doux naturel dont Napoléon 1er, Balzac, l’auteur britannique Jane Austen ou encore Baudelaire en font d’ailleurs l’éloge dans leurs œuvres.

« Je préfère au constance, à l’opium, au nuits,

L’élixir de ta bouche où l’amour se pavane »

–  Charles Baudelaire, Les Fleurs du Mal. –

Le XIXe siècle marque cependant le début d’un certain déclin dans l’histoire de la viticulture sud- africaine.

Tout d’abord, la production est touchée par le phylloxéra, une maladie ravageuse qui se propagea de vignoble en vignoble et affectant l’ensemble des productions à l’échelle mondiale.

En 1918, dans le but d’améliorer la qualité de la production, un groupe de vignerons supervisés par l’Etat créèrent une coopérative de gestion au nom barbare regroupant la quasi-totalité des producteurs sud-africains. C’est la naissance de la KWV – Ko-operatiewe Wijnbouwers Vereninging. Dans un contexte de surproduction dû à une replantation massive après la crise du phylloxéra, la KWN gérait de façon restrictive la production de vin. Elle régissait les aires viticoles et fixait des quotas de rendement et les prix minimums de vente.

 

L’industrie viticole sous le régime d’apartheid :

 

En plus du problème du monopole de la KWV qui freinait l’expansion du vignoble et contrôlait la commercialisation de la production, le contexte politique du pays nourrissait le manque grandissant de débouchés commerciaux.

L’Apartheid, le régime ségrégationniste qu’a connu l’Afrique du Sud entre 1948 et 1991, n’a en effet pas favorisé la viticulture sud-africaine. Les embargos à partir des années 1980 ont renforcés la situation presque autarcique du pays. De plus, ce manque d’ouverture internationale impactait le savoir-faire des vignerons qui n’avaient pas forcément accès aux technologies. Ainsi, les récoltes étaient souvent réservées à la production de brandy ou de jus de fruits.

Malgré l’isolement, les vignerons trouvent tout de même le moyen d’organiser leur industrie avec en 1973 l’apparition d’un système d’appellation, le « Wine Of Origin ».Ils personnalisent également leur production grâce à la création du Pinotage page « Le vignoble sud-africain», partie Le terroir, Les cépages, un cépage sud- africain. D’un point de vu social, les conséquences de la colonisation ont été désastreuses et sont encore visibles aujourd’hui.

En Afrique du Sud, l’alcool a toujours servi comme monnaie d’échange. Lors de leur arrivée, les néerlandais utilisaient le brandy pour le troquer contre des animaux ou des terres. Plus tard, la pratique connue sous le nom de Dop System – qui consiste à rémunérer les ouvriers travaillant dans les exploitations viticoles en bouteilles de vin (dop est un terme afrikaans qui signifie « un verre d’alcool ») – a indéniablement été alimentée sous le régime d’Apartheid. Aussi immoral que cela puisse paraître, cette forme d’indemnisation avait bien des avantages pour les fermiers : ils pouvaient écouler leur vin impropre à la vente, et fidéliser leurs salariés en encourageant leur dépendance à l’alcool. Rendu illégal dès la fin de l’Apartheid, les autorités et divers organismes indépendants ont mis un point d’honneur à éradiquer totalement ces pratiques.

 

La conquête des marchés internationaux:

 

Une année après l’abolition de l’Apartheid, en 1992, la coopération KWV subventionnée par l’Etat perd son pouvoir et les quotas de production sont supprimés.

L’Afrique du Sud s’ouvre au commerce international, ses vins sont exportés et le pays se fait une place auprès des pays historiquement producteurs de vin, ceux de la Vieille Europe. Très vite, l’ensemble de l’industrie s’organise de façon officielle avec la création d’organismes nationaux page « Conseils & astuces», partie Pour aller plus loin, liens utiles ayant pour unique mission de rendre l’industrie vitivinicole sud-africaine plus performante et compétitive.

En 1992, l’Afrique du Sud exportait moins de 50 millions de litres de vin. Aujourd’hui, elle est le 7e producteur mondial et exporte 525 millions de litres, soit plus de 57% de sa production totale ! Le vin sud-africain s’exporte, il est de qualité, et l’engouement est certain !

 

Le meilleur vin du monde est sud-africain:

  

Bien qu’il soit marqué par 330 années d’histoire, le vignoble sud-africain n’en reste pas moins considéré comme un pays du Nouveau Monde.

Concentré sur le marché domestique lors de l’Apartheid, c’est seulement depuis une vingtaine d’années que l’Afrique du Sud est présente sur la scène internationale – tout comme le Chili, l’Argentine, les Etats-Unis, l’Australie et la Nouvelle- Zélande, les autres pays du Nouveau Monde. Ces vignobles sont caractérisés par un grand dynamisme dans leur production, la modernité de leurs équipements et le rapport qualité-prix de leurs vins.